Les entreprises locales s’emparent de l’Intelligence Artificielle !

Si la France fait figure de bonne élève dans la formation d'experts en intelligence artificielle, la région Hauts-de-France peut s'enorgueillir de compter sur son territoire, grâce à ses établissements d'excellence, plusieurs pépites dans le domaine. Tour d'horizon des start-up et entreprises, qui chacune dans leur secteur, font bouger les lignes.

0
286

À L’ASSAUT DU RECRUTEMENT

Comme dans de nombreux domaines, l’intelligence artificielle pourrait jouer un rôle décisif dans la fonction RH. C’est en tout cas ce que veulent démontrer Florian Bojda, Jean-Baptiste Noachovitch et Olivier Rohou. Ces trois anciens étudiants de l’École des mines de Douai – aujourd’hui IMT Lille-Douai –, ont lancé, en 2015, un logiciel capable de fournir une base de données répertoriant l’ensemble des compétences et ressources des salariés d’une entreprise. Baptisé eLamp, cet outil permet aux managers d’identifier, en temps réel, les compétences de leurs collaborateurs et ainsi trouver les profils les plus pertinents selon le besoin du projet. “Les entreprises ont tendance à enfermer le collaborateur dans un seul métier alors que celui-ci est polyvalent”, souligne Olivier. Mais l’innovation ne s’arrête pas là. “Grâce à nos algorithmes de machine learning, notre solution peut détecter les besoins de formation, aider au recrutement et anticiper les métiers de demain”. Avec l’intelligence artificielle, les DRH pourront ainsi s’affranchir des tâches répétitives sans valeur ajoutée pour se concentrer sur leur expertise. Incubée au sein du Village by CA – Euratechnologies –, la start-up lilloise compte déjà parmi ses références clients Decathlon, Crédit Agricole Nord de France et bientôt Immochan.

 

AU SERVICE DU BÂTIMENT

La construction aussi pourrait grandement bénéficier de l’intelligence artificielle. Basée au sein de la Plaine Images à Tourcoing, la start-up Wosomtech, spécialiste dans l’analyse d’images et la perception intelligente de l’environnement, entend bien se positionner sur ce créneau porteur. “Quand on regarde les process existants, on se rend compte qu’il y a trop d’intervenants dans la chaîne de production d’un bâtiment, ce qui occasionne d’importantes pertes de données”, souligne Agnès Latreille de Lavarde, co-fondatrice de la société. Avec Easy Build, une solution logicielle fondée sur la réalité mixte (augmentée et virtuelle), la start-up scanne, en temps et taille réels, un environnement intérieur pour en générer une modélisation 3D simplifiée sur une seule et même maquette. Exit donc la perte de temps et place à la productivité. Mais ce n’est pas tout. “On travaille actuellement sur la réalitée diminuée via un réseau neuronal”, confie Agnès. “Cela permettra d’isoler virtuellement des éléments du décor”, promet-elle. Actuellement dans sa phase de prototypage, cette technologie innovante profitera à tous les acteurs du bâtiment d’ici 2019.

 

DES RUCHES INTELLIGENTES

Faciliter le travail des apiculteurs en s’appuyant sur le machine learning et le big data : c’est le pari d’Hostabee, une entreprise créée en 2015 à Saint-Quentin par Maxime Mularz, ancien professeur de mathématiques en lycée agricole. Via un boîtier connecté et une application web, Hostabee permet de surveiller à distance le cycle de la vie des abeilles, mesurer la température et l’humidité des ruches ou encore anticiper la santé des essaims. Les apiculteurs peuvent ainsi optimiser leur travail en limitant leurs visites sur place pour se concentrer sur l’analyse des données. Une ruche connectée mais surtout intelligente. “Les algorithmes proposent des calculs complexes auxquels nous n’aurions pas pensé, comme l’orientation et la pression du vent”, explique Maxime. La start-up qui a, par ailleurs, déjà obtenu une enveloppe de 150 000 euros de l’Union européenne, et équipé son module dans les ruches de Google à Mountain View et Brooklyn, vise désormais le million pour sa seconde levée de fonds. Une somme qui lui permettra de lancer massivement sa production mais aussi d’améliorer le produit “pour prévenir la présence de certains parasites et lutter contre les vols récurrents”.

LIBÉRER LES SALARIÉS

Faire migrer les technologies développées en laboratoires vers les PMI (Petites et moyennes industries), tel est l’enjeu de Tesseract Solutions. La start-up amiénoise a imaginé des solutions robotisées dont un robot collaboratif. L’objectif : libérer les salariés des actions redondantes. Signe-t-on la fin du travail pénible ? Ou la fin du travail tout court ? “Ici, le robot n’est pas l’ennemi de l’homme. Il lui permet plutôt de se consacrer à des missions plus valorisantes”, assure Florian, l’un des trois fondateurs. Outre ses fonctions de pilotage, le robot est capable de comprendre et d’interagir avec son environnement. “Cela va permettre d’optimiser le taux de remplissage des camions et des remorques et donc de réduire les coûts de transport”, se félicite- t-il. Lancée officiellement en décembre dernier, la start-up a déjà trouvé ses premiers clients.

 

3 QUESTIONS À… THIERRY FAVREZ

Directeur général d’Apegelec Industrie, fabricant de biens industriels à Saint-Quentin, Thierry Favrez a progressivement intégré des solutions automatisées dans son entreprise depuis 2014.

POURQUOI AVOIR DÉCIDÉ DE BASCULER DANS L’INDUSTRIE DU FUTUR ?

Malgré notre savoir-faire, notre parc de machines-outils était vieillissant. Parallèlement, la société, confrontée à un manque d’activité, était en perte. Il fallait trouver un moyen pour remonter la pente. La solution a été d’introduire des robots industriels de soudage, de coupe et de manutention.

COMMENT LA TRANSITION S’EST-ELLE PASSÉE ?

Au départ, les salariés étaient sceptiques. Ils avaient peur de perdre leur job. Nous avons donc établi des protocoles pour réussir à trouver un équilibre. Nous avons également mis en place des formations pour les aider à l’appropriation de ces nouveaux outils. Et oui, contrairement aux idées reçues, le robot ne tue pas l’emploi, il le transforme.

POUR QUELS RÉSULTATS ?

Aujourd’hui, nous sommes de nouveau bénéficiaires. Certes, ces robots ont représenté un sacré investissement mais cela en valait la peine ! Les salariés bénéficient désormais de meilleures conditions de travail. Et nous avons beaucoup gagné en productivité.

 

L’AGGLOMÉRATION DE SAINT-QUENTIN À LA POINTE DE LA ROBONUMÉRIQUE

Depuis 2012, l’agglomération de Saint-Quentin mène une politique autour de la robotique et du numérique : la robonumérique. Pionnier sur la question, le territoire présente un écosystème propice porté par la présence de nombreux laboratoires en R&D performants, de fleurons industriels ou encore des filières de formations technologiques. Intégrée au programme “Industrie du futur” des Hauts-de-France, cette stratégie de développement a pour objectif d’accompagner les entreprises au meilleur niveau de compétitivité, stimuler la création de start-up innovantes et former les étudiants aux métiers d’avenir.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Commentez s'il vous plait
Votre prénom