Reverse Mentoring, quand la génération Y coache ses aînés

Et si le numérique rapprochait les générations au lieu de les séparer ? Un vent de fraîcheur souffle sur les entreprises... Depuis la fin des années 90 et l'intelligente initiative de Jack Welch, le Reverse Mentoring, mentorat inversé en français, essaime un peu partout dans les entreprises. Si elle n'est pas complètement démocratisée, cette pratique collaborative gagne chaque année du terrain et chacun s'accorde à lui prédire des lendemains qui chantent ! Etat des lieux d'une tendance qui n'a pas fini de faire des émules. 

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« Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente et plus sage que la suivante », disait George Orwell.

Alors que la génération Z pointe déjà le bout de son nez – et oui une génération en pousse toujours une autre, il faut s’y faire – la génération Y, se confronte sans s’affronter à ses aînés et joue un rôle déterminant dans les entreprises. Qu’on les appelle Digital Natives, Millenials ou Génération Y, les collaborateurs nés entre 1980 et 1995 se voient désormais confier une nouvelle responsabilité : celle d’accompagner leurs aînés, souvent des cadres expérimentés, sur les codes et usages du numérique.

Une relation intergénérationnelle qui casse les codes établis

L’histoire commence à la fin des années 90, quand le patron de General Electric, Jack Welch, demande à 500 de ses cadres supérieurs de se trouver un jeune mentor capable de les faire progresser rapidement sur la connaissance d’Internet. De nombreuses entreprises lui emboîtent le pas… Le Reverse Mentoring est lancé ! Pour comprendre comment fonctionne cette nouvelle pratique, il suffit d’inverser ce qu’on connaît déjà. Les seniors tutorent les juniors ? Oubliez ! Ici, c’est le plus jeune des deux qui coache l’autre ! Mais il ne s’agit pas non plus d’une relation à sens unique et le bénéfice est souvent au rendez-vous des deux parties. Cerise sur le gâteau, ce nouveau mode d’accompagnement semble renforcer le bien-vivre ensemble au travail…

Créativité, souplesse et agilité numérique !

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– “Vous savez ce qu’est un hashtag ?” – “C’est comme un 3615, non ?” It’s a joke qui circule sur les réseaux sociaux…

Le monde change. Il bouge de plus en plus vite et ce qui était vrai hier ne l’est plus forcément aujourd’hui ! Ils sont jeunes, plein d’enthousiasme et surtout, ils ont grandi avec Internet, Facebook, les jeux vidéo… Qu’on leur parle de révolution numérique, ils répondent “quelle révolution” ? Le digital, c’est juste une compétence qu’ils ont développée sans se forcer, sans même y penser… L’entrée des Millenials dans l’entreprise, c’est l’arrivée de la créativité, de la souplesse, de l’agilité numérique ! Si certains managers continuent à ne jurer que par la performance individuelle, de nombreux dirigeants ont beaucoup apprécié la relation toute particulière qu’ils ont nouée avec leurs cadets lors de programmes de Reverse Mentoring. La preuve en est avec ces grandes entreprises qui ont intégré ces nouvelles pratiques dans leur stratégie : Orange, Danone, IBM, SNCF, Accenture, General Electric… Alors, étoile filante ou innovation durable ?

Le Reverse Mentoring by LinkedIn

Visite Pro, Linkedin, Reverse MentoringEn 2017, le réseau social professionnel, en partenariat avec la plateforme Crème de la Crème, propose à certains de ses membres de participer à des sessions de Reverse Mentoring. Il s’agit de permettre à 40 dirigeants français parmi les plus influents, de se faire coacher par les meilleurs talents de la génération Y, ces fameux Millenials qui sont incollables en nouveaux canaux d’acquisitions, growthhacking et autres chabots… Comme en témoigne Alain Thibault (associé gérant ATG) sur son profi LinkedIn, cette pratique permet d’ouvrir de nouvelles perspectives aux cadres. « L’humilité face à ses propres compétences digitales est une condition sine qua non pour réussir sa transformation digitale », témoigne-t-il. « Refuser de se former au digital c’est refuser d’apprendre à écrire« , poursuit celui qui a participé au programme de Linkedin en qualité de mentoré (on dit aussi mentee) et pour qui les Millenials ont « beaucoup à apprendre aux managers d’aujourd’hui parce qu’ils n’ont peur de rien et surtout pas de s’adapter aux évolutions du monde ! »

Les entreprises du CAC 40 misent sur le Reverse Mentoring

Le Reverse Mentoring connaît un succès grandissant dans les grands groupes ! Se digitaliser est un besoin essentiel mais pas forcément une transformation aisée, surtout quand les dirigeants et les cadres ne maîtrisent pas correctement les nouvelles technologies.

Reverse mentoring, visite pro, mentorat inverséAxa, par exemple, fait du Reverse Mentoring une pratique indissociable de sa stratégie RH. Près de trois ans après son premier programme, le groupe se réjouit d’avoir mis en place cette initiative qui rapproche les différentes générations et permet la transformation numérique de l’entreprise. Tous les employés du groupe sont ainsi invités à participer en qualité de mentor ou de mentoré à cette initiative qui réunit aujourd’hui une communauté de 1000 participants ! Chez Orange, chaque membre du comité exécutif est accompagné par un jeune collaborateur de la génération Y. Lors de rencontres régulières, mentors et mentorés échangent sur les nouveaux modes d’informations, les outils digitaux et collaboratifs. Chez Engie, 25 dirigeants ont ouvert la brèche en 2015 en acceptant d’être accompagnés chacun par un Millenial. Une initiative réussie qui, selon le DRH de l’entreprise, a permis de sensibiliser les managers aux enjeux de la transformation numérique. La composition des binômes a fait l’objet d’une attention toute particulière : la relation doit s’inscrire dans une démarche gagnant-gagnant.

« Lorsque le mentoré se prend au jeu, le Reverse Mentoring est réussi ! »

Isabelle Clément, social media manager engagée et auteure du blog Chronique d’une CM, nous confie pourquoi elle pratique avec passion le Reverse Mentoring.

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Isabelle Clément

Visite Pro : Pourquoi le Reverse Mentoring ?

Isabelle Clément : Dans la plupart des entreprises, les collaborateurs sont de plus en plus incités à être présents et actifs sur les réseaux sociaux. Le Reverse Mentoring m’a semblé la solution idéale pour aider les professionnels à utiliser les médias sociaux.

VP : Quelle est la clé de réussite d’un Reverse Mentoring ?

IC : Bien saisir le contexte de la demande : effet de mode, résistance au changement, pression de la hiérarchie, peur de ne pas maîtriser les outils… Ensuite, il faut avoir une approche bienveillante et constructive sans oublier de se fixer des objectifs. Par exemple, pour expliquer Twitter ou Facebook, je pars du principe que rien ne vaut la pratique.

VP : Quel genre de profil avez-vous mentoré ?

IC : J’ai plusieurs exemples en tête. La demande vient presque toujours de la hiérarchie et son poids pèse beaucoup sur le collaborateur c’est pourquoi il est essentiel d’alléger cette pression au maximum. Quand cela vient d’une demande personnelle, c’est beaucoup plus facile d’accompagner les mentorés.  

VP : Qu’est-ce qui vous plaît dans votre pratique du Reverse Mentoring ?

IC : Nous sommes enfin sortis de la « spirale » générationnelle où seuls les plus « âgés » étaient compétents pour transmettre un savoir-faire aux plus jeunes. Aujourd’hui, la réciproque est vraie et c’est une bonne nouvelle.

VP : Et qu’est-ce que vous avez trouvé difficile ?

IC : Lever les freins des collaborateurs. Lorsque les mentorés se prennent aux jeux, alors le Reverse Mentoring est réussi !

VP : En conclusion ?

IC : Le Reverse Mentoring est vraiment parfait pour aider à comprendre et utiliser les réseaux sociaux. Bien utilisés, ils sont tellement utiles !

 

 

 

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