World Forum 2017 : 5 initiatives qui ont fait parler d’elles !

Pour sa 11ème édition, le World Forum 2017 décide de frapper fort : la révolution responsable. Visite Pro en a profité pour partir à la rencontre de cinq entrepreneurs implantés localement, qui ont innové pour protéger l’humain et son environnement. Authenticité de la terre, réduction de l’impact des activités humaines, valorisation des déchets… découvrez leurs initiatives pour un monde plus économique et responsable.

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Visite Pro, Entreprise responsable, économie responsable, RSE

Visite Pro, Anne-Sophie Van Rijn

« La richesse du débat, c’est la contradiction »

Want ID & RH Performances sont associés dans une même démarche RSE hors du commun. Leur lutte contre la discrimination, leur envie de construire un monde plus juste sont telles qu’il serait vain de vouloir lister ici toutes leurs initiatives. Anne-Sophie Van Rijn d’RH Performances, nous en confie quelques-unes… juste de quoi éveiller nos consciences.

Visite Pro : Vous avez reçu le Trophée de l’économie responsable. Pourquoi une candidature conjointe ?  

Anne-Sophie Van Rijn : Parce qu’on est deux cabinets de recrutement créés par un même fondateur et qu’on est complémentaire. On a connu une belle croissance depuis qu’on est passé sur un modèle d’entreprise libérée.

VP : En quoi cela consiste exactement ?

A-S VR : Le vrai booster, c’est le mode projet. On a créé des Project Units : des groupes de réflexion de sept collaborateurs volontaires qui réfléchissent, entre autres, à la RSE. On a mis en place l’intéressement, on a remplacé la variable de rémunération individuelle par une variable collective. Ça a mis tout le monde dans une démarche de réussite collective.

VP : Changer le mode de calcul des primes a-t-il été votre seule initiative RSE ?

A-S VR : Bien sûr que non ! Nous avons constitué deux équipes. L’une était chargée de réfléchir au bien-être au travail et à l’environnement…  La seconde a travaillé sur la diversité et la discrimination. En qualité de recruteur, on a un rôle à jouer !

VP : Pouvez-vous m’en dire plus sur la démarche de cette deuxième équipe ?

A-S VR : Elle a pensé qu’avant d’accompagner les clients à lutter contre la discrimination, il fallait qu’on la traque chez nous. On a utilisé trois leviers. Premier levier, la formation. On a fait intervenir le CORIF, une association qui lutte pour l’égalité hommes-femmes. Le deuxième levier a été la mise en place des Open Apéro. En fin de journée, autour d’un bon verre, on lance un débat.  La richesse du débat, c’est la contradiction. Le troisième levier, ça a été d’organiser, sur le modèle des Open Apéro, des Talk Recrut’ avec nos clients et candidats. On lance des débats sur des sujets sensibles en entreprise. Ce n’est pas forcément évident quand on est dans une relation commerciale mais on est vraiment persuadé que la contradiction est une grande richesse.

Visite Pro, Perrine Dureux« Le lin, c’est thermorégulateur antibactérien et très absorbant »

On pousse la porte d’Ethics à Lomme… et là, la magie opère : un léger parfum de lavande vous accueille, le franc sourire de Perrine Dureux vous charme et sa passion pour une pédagogie bienveillante autour du zéro déchet vous séduit ! Un an après l’ouverture de sa boutique, la jeune femme se lance un nouveau défi : Le Lin d’min Coin ! Des produits 100% lin, 100% bio, 100% récoltés dans les Hauts-de-France.

Visite Pro : Comment est née la boutique ?

PD : Face à l’activité industrielle polluante, j’ai voulu adopter une démarche positive en proposant des produits et de l’accompagnement zéro déchet. J’ai participé au concours La Fabrique Aviva, je n’ai pas gagné mais j’ai obtenu plus de 3000 votes alors je me suis dit « on y va ! »

VP : C’est quoi la vocation d’Ethics ?

PD : Proposer des produits lavables en alternative aux jetables du quotidien : essuie-tout, carrés démaquillants, serviettes hygiéniques… Des couches aussi parce que c’est très polluant une couche jetable et on ne sait pas ce qu’on met sur les fesses de nos bébés. Bien sûr je suis là pour accompagner dans ce changement qui est souvent assez délicat.

VP :  Comment est née l’idée du LIN D’MIN COIN ! ?

PD : J’ai rencontré au World Forum, Texilis, un bureau d’études spécialisé dans l’innovation autour du lin. Je me suis dit que ce serait super de faire des serviettes hygiéniques, coussinets d’allaitement ou carrés démaquillants en pur lin puisque c’est une plante qui pousse ici. Sa fibre textile est antibactérienne, thermorégulatrice et elle est hyper absorbante ! Malheureusement, on est obligé d’envoyer la matière première en Chine pour faire le fil qui sera tissé en France. Et donc l’idée du Lin d’min Coin ! c’est se dire on va fabriquer un matériau et on va faire en sorte que petit à petit il soit fabriqué dans les Hauts-de-France. Moi, je veux produire le plus local possible.

Visite Pro, Bertrand Delannoy« On est 100% RSE »

Trop petits, trop biscornus, c’est fini… aujourd’hui, les légumes « moches » retrouvent leurs lettres de noblesse et s’épanouissent en de délicieuses soupes créatives. Bertrand Delannoy – directeur de BON et Bien – revient avec nous sur cette toute récente et belle aventure !

Visite Pro : D’où vient le concept BON et Bien ?  

Bertrand Delannoy : D’une envie des trois co-créateurs (McCain, le DG des Leclerc de Wattrelos et Templeuve, Randstad Intérim) de lutter contre le gaspillage alimentaire et d’offrir à des chômeurs de longue durée un tremplin vers l’emploi.

VP : Comment concevez-vous votre démarche RSE ?  

BD : Les légumes qui composent nos soupes étaient déclassés en raison de leur aspect. Non seulement, BON et Bien les transforme en produit de qualité mais il permet à des personnes très éloignées de l’emploi de retrouver une place dans le monde du travail. Nous avons mis en place un comité de surveillance et d’éthique dont font partie le GAPPI et la Banque Alimentaire. Son rôle est de vérifier qu’on se situe bien dans une démarche 100% RSE… qu’on fait réellement ce qu’on dit qu’on fait !   

VP : Vous avez reçu le prix Foodcréative ? Quels étaient vos atouts ?

BD : Nos recettes sont créées par des chefs de la région. C’est cette créativité qui a été reconnue par Foodcréative.

VP : Et demain ?   

BD : Tout d’abord pérenniser la société. Ensuite, la croissance. Quand on sera à l’équilibre (on y est presque), on installera des BON et Bien dans des régions qui sont productrices de légumes et de fruits. Autre piste : pourquoi ne pas produire autre chose que de la soupe ?

VP : Qu’est-ce qui vous touche le plus : être reconnu pour votre démarche RSE ou pour la qualité/goût de votre soupe ?

BD : Plutôt la démarche. Le produit est forcément à la hauteur. Aujourd’hui, si un produit n’est pas à la hauteur en termes de qualité, il est mort. On veut vendre un bon produit de qualité mais surtout on est fier de notre démarche RSE.

 

« Nous avons contribué à relancer la filière houblon du Nord ! »

« La brasserie Saint-Sylvestre, c’est d’abord une histoire de cœur. » Il suffit d’entendre l’enthousiasme d’Hélène Santin pour s’en convaincre ! Responsable QHSE, elle évoque avec passion l’entreprise familiale nichée au cœur des Monts de Flandres.

Visite Pro : Comment s’exprime votre démarche RSE ?

Hélène Santin : La RSE a toujours fait partie de nos gènes et encore plus depuis l’arrivée de notre président, Pierre Marchica. Notre mission, c’est produire et conditionner éthiquement des bières de qualité toute en respectant la tradition brassicole et l’esprit familial. Avec le syndicat des Brasseurs du Nord et le pôle AGROE, nous avons participé à l’élaboration d’un outil d’éco-conception qui permet de juger l’impact environnemental de nos activités. Désormais opérationnel, cet outil va pouvoir aider les autres brasseurs de France. Pour notre part, nous menons des actions sur les distances d’approvisionnement, les bouteilles consignées, le conditionnement en vrac… nous investissons en faveur de la sécurité des collaborateurs (nous n’avons d’ailleurs eu à déplorer aucun accident du travail en 4 ans) et concevons des systèmes innovants qui réduisent les consommations d’énergie et d’eau.

VP : Vous avez reçu un Trophée de l’économie responsable. Quels atouts ont fait la différence ?

HS : Je pense que c’est la sincérité de notre démarche. En candidatant, nous avons voulu valoriser notre savoir-faire et soumettre la maturité de notre démarche à un jugement d’experts. Certifié Saveurs en’Or, nous avons mené un gros chantier autour des matières premières locales. C’est l’un des points clés de notre démarche, le soutien aux houblonniers du Nord : les brasseurs se sont alliés pour acheter, même plus cher, du houblon local et ainsi relancer la filière.  Nous sommes fiers d’avoir contribué à la pérennité des ressources de notre région.

Audrey Caro, Visite Pro

« En 2015, le film Demain a tout changé »

C’est à Herrin, entre Lille et Douai que L’Air des Pichoulis se consacre à des initiatives expérimentales en permaculture. Cette ferme pédagogique, créée en 2015 par Audrey Caro et ses amis, a pour vocation de démontrer par l’exemple que l’humain peut prendre soin de lui et de son environnement, quel que soit le contexte sociétal, culturel, environnemental ou économique.

Visite Pro : En quelques mots, c’est quoi l’aventure de L’Air des Pichoulis ?

Audrey Caro : On a acheté la fermette en 2014. En 2015 avec des amis, on a créé l’asso autour de la permaculture qu’on avait découverte lors de voyages et au travers de rencontres. La permaculture s’appuie sur trois piliers (environnemental, humain et économique) et touche à tous les domaines de la vie : la santé, l’habitat, l’éducation, l’alimentation mais aussi le foncier, l’économie, la gouvernance… On a d’abord créé un jardin aromatique et médicinal et un séchoir à plantes. Le film Demain est arrivé fin 2015 et là, ça été le raz-de-marée !

VP : Qu’est-ce que ce film a réellement changé ?  

AC : Le regard sur la permaculture. Avant, peu de gens en avait entendu parler. Après, devant l’avalanche des demandes, on a créé des initiations et en juillet 2016, avec un formateur de l’université populaire de permaculture, on a organisé un stage de 12 jours. Depuis, l’affluence ne s’est jamais tarie car on est la seule formation dans un rayon de 300 kilomètres.

VP : Et aujourd’hui ?  

AC : Aujourd’hui, l’asso regroupe une cinquantaine d’adhérents dont 15 bénévoles actifs réguliers et 4 salariés dont je fais partie depuis le 1er févier. En autres, j’essaie d’améliorer en permanence notre système en m’appuyant sur les ressources locales, pas chères, naturelles. On a énormément de travail, heureusement les bénévoles sont là. L’idée c’est d’être toujours dans l’échange… une relation gagnant/gagnant : ils nous apportent et on leur apporte aussi.

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