Le sport, la pilule miracle du bien-être en entreprise ?

Comment aborder le bien-être en entreprise sans parler de sport ? Ceux qui s’y sont laissé tenter attestent, les résultats sont immédiatement identifiables : baisse de l’absentéisme, du turn-over, hausse de la productivité individuelle et collective et un retour sur investissement positif ! Pour le salarié, une pratique régulière dans le cadre professionnel contribue à une amélioration de la santé, de la forme et du bien-être en général. Il devient même un « outil de management » pour favoriser le développement d’une culture d’entreprise forte. Alors, entreprise et sport, un couple gagnant ?

0
367
Visite Pro, management, sport, entreprise

5 bonnes raisons de pratiquer le sport au travail !

Tous sont unanimes. Pratiquer une activité physique régulière et modérée permet de rester en meilleure santé. Mais alors qu’un français passe en moyenne 38 heures par semaine au travail, faire du sport est-il conciliable avec les exigences du quotidien ? Quels bénéfices y a-t-il à mettre en place une activité physique dans le cadre du travail ? Voici au moins cinq bonnes raisons d’instaurer une politique incitative à la pratique sportive en entreprise !

1 – Le sport rend plus intelligent

À l’image du mythique « La roue tourne va vite tourner », beaucoup pensent que les sportifs ne brillent pas pour leur intelligence. Pourtant, de nombreuses études scientifiques le démontrent : pratiquer une activité sportive, même modérée se révèle bénéfique pour l’intellect. En couplant activité physique et cognitives, le sport favoriserait le renouvellement des neurones et leurs maturations dans le cerveau. Il est donc bel et bien possible de « muscler sa tête avec ses jambes ».

2 – Faire du sport ensemble, c’est mieux travailler ensemble

Longtemps, le management des équipes de vente a été tourné vers la performance individuelle. Pourtant, un rapport récent du Corporate Executive Board a démontré que les équipes de ventes B to B les plus efficaces sont celles où le collectif et le relationnel prennent le pas sur la performance individuelle. Loin du regard médiatique qui ne souligne du sport que l’esprit de compétition, le sport entre collègues est un excellent moyen de renforcer le sentiment d’appartenance à un groupe et de développer un esprit « famille ». Il contribue aussi à faire disparaître les climats conflictuels et les velléités susceptibles de secouer l’entreprise.

3 – Le sport doperait la productivité

Le sport a des impacts sur la motivation des salariés et leur sérénité, il influencerait ainsi la vitesse de travail. Selon l’étude Goodwill Management (2016), le sport en entreprise permettrait d’obtenir des gains d’efficacité et de productivité estimés entre 6 et 9% supplémentaires entre une personne qui a une Activité physique et sportive (APS) et une personne qui n’en a pas. Plus l’intensité sportive est forte, plus les résultats seraient bénéfiques. Les résultats varient aussi en fonction du degré d’implication de l’entreprise dans l’incitation des salariés à effectuer une APS.

4 – Des salariés en meilleure santé

Selon l’étude Princewaterhouse & Coopers (2008), de bonnes pratiques physiques et sportives font diminuer le taux d’accidents du travail et d’absentéisme de 30 à 40%. Rien d’étonnant puisqu’il agit comme un puissant catalyseur des émotions : pour le dirigeant comme pour le salarié, la pratique régulière d’une activité sportive est salvatrice dans la charge du stress et du travail. Le sport améliorerait la santé mentale des salariés en augmentant le goût de vivre, l’estime de soi, l’équilibre psychologique et émotionnel et en limitant le stress et la dépression légère d’après l’Institut National de la Santé et de la Recherche (INSERM). Ainsi, trente minutes d’APS par jour suffiraient pour réduire de 40% les risques de cancer, d’Alzheimer et de maladies cardiovasculaires.

5 – Rentable pour l’entreprise et le portefeuille du salarié

Concrètement, pour l’entreprise, investir un euro par an par salarié dans le sport d’entreprise permettrait un retour sur investissement compris entre 3 et 12 euros, soit de 1 à 14% de rentabilité nette en plus par an ! Les gains sont également tangibles pour le portefeuille du salarié et le budget de la sécurité sociale. La pratique d’une APS régulière ferait économiser 308 à 348 euros à l’Assurance maladie et en pratiquant une APS régulière, le salarié réduit ses propres dépenses de santé de 30 à 34 euros par an. Soit 5,7 à 6,5% des dépenses de santé à sa charge, tout en augmentant son espérance de vie de 3 ans ! Intéressant, non ?

 

S’inspirer du coaching sportif pour instaurer un management gagnant !

Visite Pro, Management, Sport, Antoine Carpentier, Coach sportif
Antoine Carpentier, ancien coach sportif de haut niveau

L’entraîneur sportif est à l’équipe ce que le manager est pour l’entreprise : tous deux ont la même mission, gagner des challenges, mais chacun dispose de son aire de jeux. Comment les méthodes utilisées dans le coaching sportif peuvent-elles inspirer nos pratiques managériales ? Quels sont les qualités à emprunter aux champions pour performer au boulot ? Antoine Carpentier, ancien coach sportif de haut niveau, aujourd’hui fondateur d’Animae (Cabinet de Conseil en Management), intervenant en tant qu’expert à l’APM et auteur du livre Le manager presque parfait… et qui ne cherche surtout pas à le devenir ! nous éclaire sur le sujet.

Y a-t-il des similitudes entre coaching sportif et coaching en entreprise ?

Antoine Carpentier : Les deux ont le même objectif : la recherche de la performance durable. C’est-à-dire développer la capacité d’un sportif ou d’une équipe, à produire et reproduire des résultats dans la durée. Dans le monde du sport, si l’on veut des résultats dans la durée, il faut prendre en compte la dimension humaine. Sans envie, un athlète ne va nulle part. En entreprise, le manager raisonne souvent en termes de ressources humaines et de moyens pour atteindre un objectif. Sauf qu’à force de trop négliger la dimension humaine, on arrive à des situations de turn over, d’épuisement ou de démotivation des salariés. Manager l’activité ne suffit pas. Le manager ne doit plus simplement être le chef qui contrôle et donne des consignes. Si hier, on lui demandait de développer des résultats, aujourd’hui, il doit davantage développer les hommes qui font le résultat. L’humain doit être au cœur de l’entreprise.

 

Quels sont les leviers pour travailler sur la motivation des équipes ? 

Les coachs sportifs respectent tous le même principe : ne jamais chercher à faire de son champion quelqu’un de complet partout mais plutôt l’aider à identifier ses points forts et construire autour. Federer et Nadal ont un style de jeu complètement différents, pourtant l’un et l’autre réussissent parfaitement dans leur domaine. S’ils sont champions, ce n’est pas parce qu’ils sont tous les deux complets et bons partout, mais plutôt parce que chacun a une personnalité et un style très affirmé. Les managers ou les coachs qui ont réussi sont des personnes qui ne cherchent pas à être parfaits mais qui connaissent exactement les qualités qu’ils possèdent et sont capables de construire leur style de management autour. Souvent, on attend d’un manager qu’il soit proche des gens à l’écoute et empathique mais on attend également qu’il soit exigeant et capable de faire acte d’autorité. Aucun individu n’est en mesure d’avoir toutes ces qualités simultanément.

 

L’HUMAIN DOIT ÊTRE AU CŒUR DE L’ENTREPRISE

On ne demande pas à un gardien de but de marquer des buts ! On l’a choisi justement pour ses réflexes et ses compétences. Un manager qui doit gérer une équipe peut être tenté de lui dire en quoi elle est douée mais surtout passer du temps à pointer les points faibles, en envoyant certains se former là où ils sont moins bons. Lorsqu’on essaie d’adopter des attitudes qui ne nous ressemblent pas, c’est souvent contreproductif. Que ce soit en sport ou en entreprise, pour obtenir une équipe motivée et performante, il faut tirer le meilleur parti des talents naturels de chacun.

 

Quelles sont les qualités à emprunter aux champions pour performer au boulot ?

La confiance en soi est un carburant indispensable de réussite. D’où l’intérêt d’aider l’individu à trouver ses points forts. En entreprise, on néglige trop cette caractéristique. Dépuceler les erreurs commises, faire des critiques « constructives », ça donne des gens qui savent exactement ce qu’il faudrait faire mais qui n’ont pas la confiance en eux, ce qui génère beaucoup de stress. La passion du geste : l’une des forces des champions sportifs et l’une des obsessions des coachs est de développer ce niveau de passion pour le détail dans l’exercice du métier. Plus je maîtrise chaque détail du geste, plus ma confiance en moi s’accroît. Le sentiment de maîtrise de ses gestes est très connecté à la notion de passion. En entreprise, on a tendance à oublier le geste et davantage raisonner en termes de résultats et d’objectifs, ce qui engendre une pression d’enjeux or la pression d’enjeux dégrade la passion du jeu ! La notion de sens est aussi très importante dans le travail de la motivation : c’est le fameux « après quoi tu cours ? ». Les salariés, c’est comme les grands sportifs, il faut trouver et impulser le sens profond derrière leurs efforts.

 

POUR ALLER PLUS LOIN…

Visite Pro, Le manager presque parfait, editions dunod, management, entreprise
Le Manager presque parfait – Editions DUNOD

Depuis que l’entreprise libérée est glorifiée dans les médias, le manager est souvent pointé du doigt. Dans ce livre pragmatique, l’auteur réaffirme au contraire l’importance de la relation managériale avec une dimension humaine sur l’engagement des équipes.

 

3 questions à… Raphaël Homat, préparateur mental

Visite Pro, Management, Raphaël Homat, préparateur mental
Raphaël Homat, préparateur mental

La réalisation d’objectif en entreprise, c’est un peu comme un Paris-Dakar, on sait d’où l’on part, on visualise l’arrivée comme un but, un objectif à réaliser, mais entre les deux, c’est une plongée vers l’inconnu avec différentes options, des moments d’hésitations et de remises en causes. Apprendre à se fixer des objectifs, travailler en équipe, gérer les imprévus, son temps et ses émotions… Lorsqu’il travaille avec des athlètes de haut niveau ou avec des chefs d’entreprise, Raphaël Homat, préparateur mental utilise presque les mêmes outils.

Quelle place joue le mental dans la performance ?

Raphaël Homat : La performance, c’est le comportement qu’on a dans certaines situations. Ce comportement est directement lié à nos émotions et nos pensées. C’est une sorte de triangle interactif où chaque sommet interagit avec l’autre. On peut dire que la performance est la partie émergée de l’iceberg, les pensées et les émotions sont cachées. Il n’y a pas de performance s’il n’y a pas de mental. Le discours interne influe beaucoup sur notre humeur et notre interprétation de telle ou telle situation et donc sur notre performance.

 

Qu’est-ce qui est susceptible de bloquer la performance en entreprise ?

À la base, certains chefs d’entreprise font appellent à moi pour mieux gérer leur performance. Parfois, ils sont performants mais cela génère beaucoup de dégâts émotionnels. Il y a des chefs d’entreprise brillants, mais dès que je les questionne en termes de durabilité, malgré les bons résultats, ils se rendent compte qu’ils sont en train de s’épuiser. La culture d’entreprise focalisée sur le résultat peut être stimulante sous certains aspects mais parfois c’est simplement une technique de management qui va être perçue comme autoritaire, dissuasive et stressante. Le résultat, c’est la conséquence d’une succession d’actions, on ne le maîtrise jamais directement, certains enjeux peuvent nous dépasser. Certains ne savent pas se fixer des objectifs, ou ne savent le faire qu’à travers le prisme des résultats. J’aide mes clients à travailler sur ce qu’ils maîtrisent et ce qu’ils peuvent influencer. Quand je travaille avec des sportifs, il y a trois temps très clairs ; un temps d’entraînement, de récupération et de compétition. Dans l’entreprise, est-ce qu’on peut être performant lorsqu’on est toujours en compétition ? C’est important d’avoir des temps d’entraînements où l’enjeu n’est pas uniquement le résultat. Il faut faire un pas de côté, davantage développer l’écoute. Cela peut passer par des techniques de relaxation, de respiration ou de sophrologie… Parfois, c’est un travail de restructuration cognitive, apprendre à aborder une situation en la préparant.

 

Alors comment atteindre de meilleurs résultats ?

Un chef d’entreprise dont je m’occupe aime se comparer à un buteur, lui ce qu’il préfère dans ses actions, c’est marquer des buts. Il se compare aussi à l’entraîneur qui doit manager son équipe. Pour réussir, je dirai que le plus important est la motivation « intrinsèque » : faire quelque chose parce qu’on aime le faire. Il ne faut pas être simplement dans une relation d’égo car c’est source de frustration lorsqu’on ne parvient pas à être le meilleur. C’est la meilleure manière de prendre du recul par rapport au résultat car finalement celui-ci importe peu lorsqu’on prend du plaisir. La notion de confiance et d’humilité est aussi très importante. On dit souvent « je n’ai pas confiance en moi, je n’ai pas assez d’égo », je pense que c’est exactement l’inverse, on se soucie trop de ce que les autres vont penser en cas d’éventuel échec. Ce dernier est, au contraire, formateur, il faut se détacher de la vision des autres.

Raphaël Homat, préparateur mental

06 26 62 13 90

raphaelhomat.com

facebook: @preparation.mentale.raphael.homat

 

Decathlon The Great Place to Work !

À quarante ans, Decathlon n’a pas pris une ride. En pleine santé, l’entreprise a annoncé avoir dépassé en 2016 la barre des 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec une hausse de 12% par rapport à 2015.

Cette année, elle rafle même le prix « Great Place to Work » et figure comme la première entreprise de France où il fait bon travailler. Visite Pro s’est rendu au siège du groupe à Decathlon Campus pour comprendre l’engouement des salariés pour cette entreprise qui a fait du sport, plus qu’une institution, une véritable stratégie de réussite.

Visite Pro, Decathlon, Sport, Running, Great Place to Work, Management

À fond la forme !

Entre midi et deux, alors que certains enfilent leurs baskets pour parcourir le parc du Héron, d’autres plongent dans le bassin de la piscine Babylone, foulent la pelouse pour un match de foot entre collègues ou se défient au badminton. D’autres encore préfèrent se détendre « chez Josette », un espace détente dans lequel les collaborateurs de Decathlon peuvent déjeuner, recharger les batteries dans de larges poufs confortables ou encore faire une partie de ping-pong, de billard ou de fléchettes. Si les salariés ont l’embarras du choix, c’est parce que le groupe a cerné mieux que personne les bénéfices d’une telle politique sur le bien-être des salariés. « On essaie d’aménager les horaires de façon à ce que chacun puisse faire du sport sur des créneaux pratiques. La moitié des abonnements sportifs de nos collaborateurs peuvent également être pris en charge. Toutes ces choses matérielles et logistiques font qu’il est plus facile de faire du sport », affirme Xavier Rivoire, responsable de la communication RH et recrutement de l’enseigne.

Pour celui dont le credo est d’accompagner les français dans leurs pratiques sportives, nul besoin de convertir ses passionnés : le sport au boulot est entré dans les moeurs. Pour la plupart, la pause sportive est devenue un plus qui permet de relâcher les tensions et s’aérer l’esprit au cœur d’un quotidien chargé et parfois stressant. « Si l’entreprise ne se met pas à faciliter la pratique sportive, les exigences du quotidien font que sa pratique va être difficile », ajoute Eric Lenghert, directeur financier de Decathlon Pro.

 

D’autres soutiennent que c’est un outil redoutable pour éviter les conflits qui n’auraient pas lieu d’être. « Quand on fait du sport, on endure des choses dans l’adversité. C’est plus simple de s’entraider après, cela crée une certaine solidarité », explique Julien Gueguen, responsable de clientèle Grands Comptes, en charge des projets Sport en entreprise chez Decathlon Pro.

La solidarité oui mais quid de la performance au travail ? « Certains vous diront que lorsqu’on fait du sport, on est fatigué et que l’on produit moins, c’est faux, parce que l’endorphine fait que l’on se sent mieux, et si l’on se sent mieux dans notre corps, on se sent mieux dans notre tête et on est alors plus productif », affirme William Jauffret, nouveau membre du groupe et ingénieur chez Decathlon.

Avoir confiance en soi, l’envie d’aller plus loin, de se dépasser, prendre goût à l’effort et au plaisir à gagner ensemble… Le même esprit conquérant est présent dans toutes les têtes. Que ce soit pour mieux se connaître, fédérer les équipes, créer, recréer ou maintenir la cohésion : la pratique sportive est devenue une stratégie de réussite. « Faire du sport ensemble, c’est apprendre à performer et mieux travailler ensemble, on a tous envie de repousser nos limites et ça se ressent aussi dans notre travail. En tant que sportif, ce n’est pas dans notre mentalité de baisser les bras devant certains obstacles, on est plus dans l’optique de les surmonter », poursuit William. Ici, tous les collaborateurs sont des passionnés. « Le sport n’est pas discriminatoire dans sa pratique, en revanche son amour et sa passion oui », explique Xavier Rivoire. « Un sportif est toujours plein de vitalité, de responsabilités, d’esprit collectif et de sens du partage. L’abnégation et cet engouement que certains ont à plonger dans le bassin, vous allez les retrouver lorsqu’ils vont au travail tous les matins ! »

 

Un aimant à génération Y

Chez Decathlon Campus, la plupart des salariés frôlent à peine la trentaine. Il faut dire que le sport est un levier pour attirer, recruter et fidéliser les jeunes talents : d’après une étude Decathlon Pro, les répondants les plus sensibles au sport en entreprise sont les jeunes (en moyenne 30 ans). Près de 8 personnes sur 10 ont une bonne image des entreprises proposant du sport dans le cadre du travail (1). Ces dernières sont perçues comme soucieuses de la santé des salariés, modernes, attractives, dynamiques et innovantes. Decathlon ne déroge pas à la règle et sa marque employeur ne cesse d’attirer dans son sillage des jeunes sortis des écoles, conquis par l’esprit et les valeurs qu’incarnent le groupe. « Beaucoup de mes amis ont dû arrêter le sport en commençant à travailler, en tant que passionné je n’avais pas envie de faire une croix dessus, j’ai tout de suite pensé à Decathlon comme The Great Place to Work », se souvient William.

 

Entre désir et réalité : un fossé à combler

Même si de plus en plus d’entreprises prennent conscience des bénéfices du sport sur la productivité, le bien-être au travail et le potentiel d’attraction, elles sont en réalité très peu à se lancer. 7% seulement des entreprises incitent leurs salariés à faire du sport alors que 78% se déclareraient prêts à pratiquer du sport en entreprise si toutes les conditions étaient réunies (2). En France, cela représente un potentiel de 20 millions de personnes. Comment expliquer un tel point de distorsion entre les aspirations des salariés et la réalité du monde du travail ?

Si les principaux freins sont logistiques ou financiers (l’installation d’infrastructures notamment), d’autres sont psychologiques. Dans la course aux résultats, certaines entreprises pensent encore que faire du sport est une perte de temps et la grosse problématique reste le manque de motivation, y compris auprès des salariés. Un scepticisme ambiant, susceptible de bloquer les initiatives même les plus enthousiastes. 

Pourtant, selon une étude mondiale, l’âge du cœur des salariés français serait plus vieux de 4,7 ans que leur âge réel. Parmi les causes de ce vieillissement prématuré : les longues heures passées au bureau immobile. Alors comment faire bouger son entreprise et motiver ses salariés ?

Souvent, le blocage part d’un « moi je ne fais pas de sport ! » clamé haut et fort par certains collaborateurs. Pour Éric Lenghert, amener le sport comme un booster de bien-être et de mobilité des collaborateurs est une bonne piste afin d’instaurer une politique incitative au sport réussie : « Lorsqu’on parle de sport en entreprise, on a tout de suite cette vision élitiste, mais lorsqu’on raisonne en termes de bien-être, cela ouvre multiples possibilités et on touche tout le monde, y compris des non sportifs ! ». Pour pousser les salariés à s’engager, à l’image de Decathlon, avoir des relais et des volontaires en interne est indispensable pour que le projet ait une réelle résonance. « Il ne faut pas que ce soit la pratique isolée d’un salarié ou même du dirigeant. Le rôle du dirigeant c’est de faire de cette somme d’initiatives individuelles une politique d’intérêt collectif », affirme Éric.

Visite Pro, Decathlon, Great Place to Work, ManagementDes solutions simples et peu coûteuses

Mais instaurer une politique d’incitation au sport, n’est-il pas plus difficile à mettre en place au sein d’une TPE ou d’une PME ? Favoriser une pratique sportive en entreprise n’exige pas nécessairement de gros moyens. « L’un des axes de réflexion pour les dirigeants, c’est d’instaurer une salle de convivialité dédiée au bien-être, avec des tables de ping-pong par exemple. C’est très simple à mettre en place, ça permet de faire des pauses et de couper du travail », conseille Julien Gueguen. Du mobilier modulable pour métamorphoser la salle de réunion en cours de fitness improvisé, des rangements vélos et des trottinettes pour faciliter la mobilité des collaborateurs, des gymballs en guise de chaises de bureaux pour muscler le dos et des accessoires fitness en tous genres… Toutes ces solutions ont déjà fait leurs preuves chez Decathlon et sont facilement reproductibles pour les petits budgets. Avec Domyos on Demand, service proposé par Decathlon, les entreprises peuvent même accéder à des cours réalisés par des profs, et les projeter via un vidéo-projecteur. Organiser des sorties running pour les pratiquants en assurant une flexibilité suffisante des horaires peut être une autre option. « Le sport c’est être malin. Chaque investissement vaut la peine par rapport au bien-être au travail. J’encouragerais tout le monde à se mettre au sport, quel que soit le lieu et la pratique pour en ressentir les bénéfices, physiques et économiques. Quand vos employés sont mieux dans leur peau, dans leur corps et dans leur tête, leur engagement au travail est doublé voire triplé ! » conclut Xavier Rivoire.

(1) Cabinet d’étude Market Audit réalisé pour Decathlon Pro et effectué sur un panel de plus de 1000 personnes représentatif des actifs français.

(2) Étude réalisée en juillet 2016 par l’Institut Yougov pour Invisalign.

 

1, 2, 3… Partez ! Le running pour souder les troupes !

Le running en entreprise est à la mode. De plus en plus, les DRH comprennent que les sessions de courses à pied entre collègues représentent un levier de motivation collective. Simple à mettre en œuvre et fédérateur, ce sport a l’avantage de ne pas nécessiter d’infrastructures. Seul inconvénient : impossible d’échapper à la case douche. Sauf chez Owens 36, un club house running basé à Villeneuve d’Ascq qui fait fureur auprès des entreprises.

C’est en coachant des particuliers que Samy Khireddine, coach sportif et fondateur de Allo Sport Santé, société de coaching à domicile, s’est aperçu que beaucoup de particuliers aimeraient se dégourdir les jambes pendant leurs pauses du midi. « L’absence de vestiaires et de douches sur leur lieu de travail posait systématiquement problème et freinait la pratique sportive », se souvient Samy. Saisissant la balle au bond, il décide de créer Owens 36. Aujourd’hui et après un an et demi d’existence, son concept de « club house running » rencontre un succès grandissant auprès des entreprises et des amateurs de running.

De prime abord, Owens 36 ressemble à un bar-restaurant dans lequel on peut boire un verre ou manger des petits plats sains préparés dans des bocaux en verre. Pourtant, lorsqu’on pénètre dans ce lieu atypique, on découvre des casiers, des vestiaires, des douches et certains clients en tenues de sport qui parcourent le restaurant. Moderne, coloré et chaleureux, l’espace se veut convivial et permet de se retrouver entre coureurs après un footing. Ici, on vient pour se changer, faire un jogging au cœur de l’environnement paisible du parc du Héron, revenir se doucher et manger sur place. À l’extérieur, il y a même un petit écrin de verdure pour continuer à « imprimer du vert dans sa rétine » comme dirait Samy.

Le running c’est le golf d’hier, beaucoup de patron courent et font du business en courant. Et pour le salarié, ça permet de s’aérer et de couper du travail

Avec Owens 36, le coach sportif a développé son offre B to B et propose des activités ludiques pour les séminaires d’entreprises. À l’envie, des salles modulables équipées de Wi-Fi, paperboard et vidéo-projecteur et se déclinent en espace de séminaires ou fitness. La journée type ? Après un petit déjeuner, les collaborateurs se réunissent pour une réunion. Vers 11 heures, c’est parti pour le grand air avec une activité en extérieur ! Le parc du Héron comme terrain de jeu, marche nordique, course à pied, cours de Pilates ou Yoga… le corps de séance varie en fonction des demandes de l’entreprise mais toujours sous formes d’activités ludiques. À douze heures, les collaborateurs reviennent pour manger un plat sain avant de retourner travailler l’après-midi dans l’une des salles de réunion. À l’image de Decathlon, Auchan, Bonduelle ou encore le Réseau Nord Entreprendre, combiner Workshop, réunions et activités sportives semble séduire de plus en plus d’entreprises aux alentours… Avec Owens 36, le rêve de Samy de démocratiser le running en entreprise est en bonne course !

 

Owens 36

3 Allée du Café Concert

59 650 Villeneuve-d’Ascq

owens36.com

Tél : 07 84 21 63 09 / 06 67 21 54 42

contact.owens36@gmail.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Commentez s'il vous plait
Votre prénom