Depuis sa chambre d’étudiant à l’EDHEC, Vincent Babin, 22 ans, a conçu une application mobile, Smart Pap, un réseau de soutien scolaire dans toutes les matières principales, du CP à la Terminale. Pour créer ce service, il a fait appel à deux ingénieurs, Mathieu et Valentin, et un business developer, Maximilien. Ces nouveaux entrepreneurs lancent Smart Pap en Mars 2016 et compte déjà 150 enseignants inscrits qui interviennent à domicile auprès des élèves de la région lilloise. Un succès qui leur permet à ce jour d’envisager le déploiement de l’application à Paris et dans toutes les grandes villes françaises. « Lorsque j’étais en classe de prépa, je cherchais à donner des cours particuliers mais je trouvais les sites d’accompagnement éducatif trop contraignants… C’est comme ça que l’idée est venue de simplifier la mise en relation entre élèves et professeurs« , confie Vincent. Sauf que pour en arriver là, le jeune homme a dû sacrifier une bonne partie de sa vie étudiante. « Quand on crée sa start-up à 20 ans, on oublie les sorties entre copains. Je ne compte même plus le nombre de soirées auxquelles il a fallu renoncer d’ailleurs« , se souvient-il. Sans regret. « Car si on veut mener un projet à son terme, il faut se donner les moyens de réussir. Une fois engagé, il n’y a plus aucun retour en arrière possible ! » Mais créer sa boîte quand on est encore étudiant n’a pas que des inconvénients. « Il faut considérer les cours comme un outil pour développer son projet. Ce n’est pas deux choses distinctes, c’est un seul et même parcours. »

« Quand on crée sa start-up à 20 ans, on oublie les sorties entre copains »

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De gauche à droite, Benjamin Zerah, Charlotte Boukari, Alice et Yang Yang, stagiaires en marketing

Le modèle classique des entreprises ne semble plus faire rêver les jeunes. À 24 ans, alors qu’elle était encore étudiante à l’EDHEC, Charlotte Boukari s’est associée à Benjamin Zerah et Sami Khemsi pour lancer il y a un an Feeli, une application mobile qui permet d’échanger en temps réel avec les professionnels de santé. « Les rendez-vous sont souvent longs alors que parfois on veut juste comprendre des symptômes ou un diagnostic« , expliquent-ils. Ce qui les a poussé à oser ce pari risqué ? La liberté ! « On n’avait pas de responsabilité, c’était le moment ou jamais de se lancer. On voulait créer nos propres codes et ne pas s’enfermer dans une entreprise. » Outre l’autonomie d’action, l’exemple anglo-saxon les a également conforté dans leur choix. « En France, on voit l’entrepreneuriat comme un risque tandis qu’aux États-Unis, c’est une opportunité ! Ici, le salarié est considéré comme une charge de travail pour répondre à une demande. Là-bas, c’est l’inverse : il est vu comme une ressource pour accroître les performances de l’entreprises« , compare Benjamin, qui a eu la chance de travailler pendant six mois chez nos amis d’outre-Atlantique. Si les premiers fonds ont été plutôt difficiles à débloquer, aujourd’hui, l’application porte plutôt bien ses fruits selon ses créateurs. À tel point qu’ils envisagent de s’installer dans leur propre bureau. Pourquoi pas au sein de l’incubateur Eurasanté ?

On voulait créer nos propres codes

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La fine équipe d’Effigénie au complet

Camille Thiriez, lui, a préféré attendre la fin de ses études pour se lancer. Une fois son diplôme de l’École Centrale de Lille en poche, il co-fonde en 2011 avec deux amis et ingénieurs lillois, Cyril Dubus et Clément Raffin, Effigénie, éditeur d’effiPilot, un logiciel automatique dont l’objectif est de réduire la consommation énergétique des bâtiments tertiaires. « On voulait porter un projet qui a du sens. Le confort thermique est un véritable enjeu auquel nous avons tenu à répondre. » Un concept ambitieux et novateur suffirait donc à créer son entreprise, à en croire Camille. « Disons qu’une bonne idée trouve toujours des financements. » Et la peur d’échouer, alors ? « Elle n’existe pas ! L’avantage d’être jeune entrepreneur, c’est qu’on peut viser loin sans crainte. Si le projet n’est pas viable, on passe à autre chose« , commente-t-il. La recette du succès ? S’entourer de personnes expérimentées ! « Si on veut réussir, il n’y a pas de secret, il faut aller chercher l’expérience en recrutant plus âgé !« , souligne Camille. Fin septembre, la PME lilloise bouclait une levée de fonds de plus d’un million d’euros pour optimiser le développement commercial de son logiciel et renforcer son équipe.

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